Chapter Text
L'apprentie guérisseuse Runa se dirige le plus silencieusement possible vers une chambre précise.
Le Roi avait demandé à son maître de garder un œil sur le garçon du Sud. Le guérisseur en chef était bien sûr occupé et avait changé son apprenti de la tâche.
Mais alors qu'elle allait s'occuper de ses affaires le roi l'avait pris à part. Lui demandant d'aller voir le haradrim maintenant.
Aragon avait clairement vu la façon dont le jeune homme avait pâli dans la salle du trône, comment sa respiration était devenue plus profonde et contrôlée pour éviter de perdre ses moyens.
La jeune fille ouvre la porte avec la clef que l'on lui avait donnée. En ouvrant la porte, elle trouve le lit vide mais le sol occupé.
Avec un pic de frayeur, elle se précipite vers l'autre jeune. Tâte son front et prend son pou. Il est couvert de sueur froide mais son cœur bat normalement.
Elle l'observe pendant plusieurs minutes en se demandant si elle devait essayer de le déplacer.
Puis sursaute d'un coup quand elle tombe nez à nez avec un regard doré. Il l'a fixe sans bouger.
Elle avait déjà brièvement vu ses yeux avant mais maintenant elle se rend compte à quelle point ils étaient étranges. Une couleur qu'elle n'avait jamais vue même chez les descendants des Dúnedain. Des lames d'or la transperce du regard. C'était assez effrayant.
Ses cheveux étaient assez longs par rapport aux autres jeunes hommes de son âge, dépassant son menton. Brun terreux et parsemer de mèche blond et blond vénétien coloré par le soleil. Elle le sait car ses cousins à Dol-Amroth avaient les mêmes en vivant près de la mer et du soleil. Même ses cils avaient l'air d'avoir absorbé le soleil.
Sidnol et la fille se fixent encore pendant plusieurs minutes.
-<<Tu va me regarder encore longtemps ?>> Le haradrim lève un sourcil.
Demande le jeune homme avant de décider de se redresser. La fille, de façon assez surprenante, l'aide.
Il s’assit sur le lit et avant même qu'il ne puisse essayer de dire quelque chose la fille lui coince un papier dans sa main et s'enfuit de la pièce.
Sidnol soupira et regarda le message écrit dans sa langue.
En temps qu’hôte je m'excuse de vous avoir provoqué de la détresse Sidnol. Je n'avais aucune intention autres que votre sécurité et celle de mon royaume.
Je souhaite pouvoir continuer notre conversation, les devoirs d'un roi sont nombreux, de ce fait ce ne sera que lors du dîner.
Tâchez de vous reposer jusqu'à ce moment-là.
Sidnol soupira à nouveau, résistant à l'impulsion enfantine de froisser le papier et le jeter à travers la pièce. Il ne pense même pas à se demander comment le roi avait deviné qu'il savait lire.
Au fond il comprend un peu ce que le roi avait fait, c'était parfaitement logique qu'il se questionne sur ses intentions. C'était son rôle de Roi…
Le jeune homme s'allonge sur le lit et se laisse s'enfoncer dans les draps doux. Il était juste fatigué. Il veut rentrer chez lui. Il en a assez d'être enfermé avec des gens avec lesquels il ne peut même pas parler la plupart du temps.
Même si la cité blanche est pour le moment mille fois mieux que les hommes qui l'avaient tourmenté pour des raisons qu'il ignore encore.
La douceur du lit fait un bien fou à ses os sur lesquels il n'a plus assez de graisse pour ne pas avoir mal allongé. Il avait l'impression de flotter sur de l'eau fraîche.
Il cligne plusieurs fois des yeux avant de s'alourdir et de faire un sommeil, heureusement sans rêve.
…
À l'heure du dîner, Runa rejoint sa famille dans un des cercles plus bas de la cité. Son père l'accueille avec un sourire et une odeur de bois qui le suit perpétuellement.
Il bottine avec sa jambe gauche en bois jusqu'à la table à manger. Où les bols de potiron fumaient et dégageaient une odeur savoureuse.
Ils s'assoient pour manger son père pose des questions sur son travail, l'avancement de ces études et si les rumeurs sur “l'invité” du roi était vraiment.
L'homme âgé fronce les sourcils avec suspicion et Runa évite de dire qu'elle avait observé le fameux invitation comme une idiote pendant plusieurs minutes.
Elle change le sujet le plus rapidement possible pour éviter que les suspicions et les traces de la guerre sur son père ne lui remontent de mauvais souvenirs.
Elle rumine de la situation gênante car même si elle n'avait pas compris ce qu'il avait dit, elle savait reconnaître le sarcasme quand elle l'entend, peu importe la langue.
…
Sidnol joue nerveusement avec les manches de ses vêtements aux couleurs douces.
Il se sentait encore trop fatiguée pour faire une bonne impression devant la roi et sa coure. Heureusement il n'y a que quelques sièges. Donc pas des centaines de personnes comme ce matin.
La tunique qu'il porte cette fois n'avait rien à voir avec ses vêtements précédents. Contrairement aux vêtements neutre et pratique cette fois la tunique était longue au delà de ses genoux. Les trois couches du vêtement étaient faites d'un tissu tellement léger sur sa peau que s'en était presque dérangeant.
Les couleurs étaient des tons d'argent et de bleu brodé sur ses épaules et sur son col. Le pantalon était d'un tissu plus épais et maintenu par une ceinture de cuir qui semble d'une qualité beaucoup trop élevée pour lui.
Sidnol a un avis mitigé sur ses vêtements. Il n'est pas un prince, les vêtements semblent de beaucoup trop haute qualité. Et il avait déjà vu un prince du Harad de loin donc il sait que la royauté ne s'habille clairement pas comme les chefs de tribu.
Mais même lui sait que les vêtements sont un reflet du statut. Et les étoiles brodé sur sa poitrine est clairement un évolution par rapport aux tuniques neutre qui a eu avant ça.
Il s'assit sous le regard scrutateur du roi perdu dans ses pensées jusqu'à ce que le siège à côté de lui soit tiré.
Un grand homme s'y assoit…qui trompe t'il ? Ils sont tous ridiculement grand ici. Mais ses yeux gris et ses cheveux roux lui semblent bizarrement familiers. Il y a une femme a côté de lui avec une cascade d'or pour chevelure et un regard d'acier.
Ce regard scrute son visage avec minutie avec et Sidnol détourne le regard d'elle, intimidé.
Le roi dit certaines choses sur lesquelles il ne se concentre pas. À quoi cela servirait de toute façon ? Il analyse son assiette pendant ce temps. De la viande et des légumes d'après ce qu'il peut reconnaître. Bonne chose car il en a un peu marre de manger de la purée de légumes du guérisseur.
-”Sidnol ? Sidnol ? Tu nous entends ?”
Il relève la tête. Vers le roi. Ses yeux gris sont inquiets et doux et Sidnol pense à son père, ce qui le déprime un peu plus.
-”Excusez-moi.” Réponds simplement le jeune homme un peu sèchement.
-”Je te demandais si tu avais reconnu Faramir. C'est lui qui t'a sauvé. “
Sidnol se tourne vers l'homme roux à côté de lui, surpris et avec un intérêt renouvelé.
-”C'est…ce n'était pas un rêve. Je…je suis désolée je pensais halluciner la plupart du temps. Transmettez-lui ma gratitude s'il vous plaît votre altesse.”
Le roi le fait et Faramir lui répond en souriant. Sidnol ne comprend pas ses mots mais l'expression de son visage est suffisante.
Le roi…Aragon lui présente les autres à table. La femme au regard d'acier était Eowyn dame du Rohan avant son mariage avec Faramir. La reine s'appelait Arwen.
Sidnol la regarde longuement, toujours incertain si elle était réel ou non et la femme lui lance un regard espiègle quand elle remarque son analyse. Et a un rire délicat derrière sa main pâle quand Sidnol rougit et détourne le regard extrêmement mal à l'aise d'avoir été attrapé.
Les nobles à table commencent juste après à manger et Sidnol prend un moment pour voir comment ils font, qu'elle plat mangé en premier et avec quel ustensile. Les ustensiles ne lui sont pas totalement étranger mais le fait que les hommes dépense de métal pour quelque-chose d'aussi trivial lui paraît très bizarre. Le bois semble tout aussi solide et résistant.
-”Faramir a interrogé les bandits qui t'ont fait prisonnier.” Dit le roi après un moment.
Sidnol avale lourdement. Sa gorge se noue à la mention de ses ravisseurs.
-”Je ne sais même pas combien de temps je suis partie…” murmure le jeune homme.
Autour de lui, il n'y a que le bruit du tintement des couverts. Sidnol est toujours séparé des toutes les conversations par la barrière invisible de la langue. Mais en ce moment il est content d'avoir un semblant d'intimité avec le roi.
-” Ils m'ont dit que ça fait 2 mois. Selon notre calendrier, c'était en fin d'hiver. Nous ne sommes qu’au milieu de l'été.”
-” 2 mois ?!!” Hurle Sidnol, faisant tourner tous les regards vers lui.
Aragon lance un regard sévère à ses parents et Sidnol repose sa fourchette. L’appétit l’ayant définitivement quitté.
2 mois ?! 2 maudit mois !
Son père le croit déjà mort n'est ce pas ?
Le jeune homme prend plusieurs profondes inspirations. Il ne doit pas paniquer, pas maintenant.
-”La raison pour laquelle ces hommes t'on amené jusqu'ici était pour faire porter le meurtre sur les gondoriens”
-”Oh…Oui mon père pourra penser ça oui. Mais je ne suis pas mort…”
-”Et ton père est probablement à ta recherche, n'est ce pas ? Il y a un moyen de le contacter ? Ou un seigneur de votre région pour expliquer la situation ?” demande Aragorn avec une légère urgence dans sa voix.
Sidnol laisse échapper un soupir tremblant.
-”Je…je ne sais pas. Je ne sais pas…”
Son estomac lourd d'inquiétude et une présence envahissante. Il sert les mains sur ses genoux.
Alors que son esprit s'emballe un poids le ramène au présent. Il tourne la tête vers son sauveur, Faramir, qui avait posé sa main sur son épaule. Ses yeux sont d'un bleu grisâtre ressemblant au roi mais la douceur qu'ils dégagent est clairement similaire. Même le regard dur de Eowyn ne paraît plus aussi sévère, mais empreint d’une distance prudente.
-”Je…j'aimerais m'en aller si vous le permettez…” murmure t il d'une petite voix.
Aragorn hoche la tête et deux gardes arrivent pour l'escorter. Il les suit en entendant vaguement le roi dire qu'ils doivent continuer cette conversation plus tard.
Mais parler de quoi ? Sidnol ne sait pas ce qu'il se passe, ni ce qui va se passer à partir de maintenant.
